ETUDE SUR QUELQUES BAS RELIEFS
DU SYRINGE(a) DE SETHY Ier

(a)On peut employer indifféremment les deux mots syringe ou hypogée pour désigner les tombeaux souterrains de l'Egypte ancienne .

Cette petite étude portera sur les 3 bas-reliefs du tombeau ( KV17 = Vallée des Rois , n° 17 ) de Sethy .

L'un est au Musée du Louvre et enregistré sous le numéro B 7 en 1829 .
Les deux autres sont à Florence enregistrés sous les numéros 2468-2469 .
Celui du Musée du Louvre est exactement le symétrique de celui de Florence (2468) et représente la Déesse Hathor donnant le collier Menat au Pharaon Sethy .

Mais le plus remarquable sont les inscriptions hiéroglyphiques incrustés dans la robe de la déesse et que beaucoup de visiteurs du Louvre passent devant sans les remarquer !
Dans une page je développe cet aspect peu connu de la symbolique égyptienne .

  • La tombe KV17 .
  • Le Bas relief B7 .
  • Description des hiéroglyphes des deux bas-reliefs .
  • L'autre bas-relief de Florence .
  • Conclusion .

  • 1-La tombe KV17

    Le tombeau est un des plus profond de la Vallée des Rois ( pour la situation voir sur mon site :
    la Tombe n°17 ) .

    Cette hypogée fût découverte par Giambastista Belzoni le 18 octobre 1817 vers midi(1) . Champollion la visita en 1828/1829 et publia quelques planches dans ses "Monuments" (2) .
    Pour la numérotation des salles, en rouge celle du Porter et Moss, en noir, celle admise de nos jours.

    Les deux bas-reliefs se trouvaient en bas de l'escalier issu de la salle à quatre piliers F ( E ) ( voir le plan ci-dessus ) , dans le couloir G où figurent les textes d'ouverture de la bouche et les Litanies de l'oeil d'Horus .
    Il se situent plus exactement en bas de l'escalier et servaient d'entrée au couloir .

    Le bas-relief du Louvre se situe à main droite en descendant l'escalier et faisant pendant en face on avait son symétrique qui est au Musée de Florence .

    Je pense que le bas-relief du Louvre traduit une certaine influence ( survivance? ) de l'Art amarnien , qui se serait éteint quelques décennies avant .

    On peut dire que la déesse Hathor accueillait le Roi qui entrait dans le tombeau , la déesse sortait du fond du tombeau .
    Pour avoir une description des ces deux bas-reliefs , vous pouvez aller aux pages qui décrivent les personnage , les textes et les hiéroglyphes dans la robe !
    Bas relief du Louvre Bas relief de Florence

    On peut noter ( en dehors des différence chromatiques dues au rendu de nos photographies ) une certaine différence dans le traitement des deux bas reliefs .
    Il ne faut pas oublier comment étaient creusés et décorés les tombeaux des rois . Les ouvriers , qui étaient appelés collectivement "Serviteurs dans la place de Vérité" et qui vivaient dans le village de Deir-el-Médineh étaient répartis en deux équipages comme dans un bateau . Une équipe d'ouvriers s'occupaient de la partie droite ( ou à l'est ) de la tombe , l'autre la gauche , mais nous ne sommes pas sûr s'ils oeuvraient respectivement sur les côtés correspondant du tombeau (3) .
    Symboliquement le tombeau était orienté vers l'Occident ( vers le coucher du soleil ) et l'entrée vers l'est ( vers le lever du soleil ) .
    En fait le roi était censé revenir vers le domaine des vivants en sortant ( vers l'est ) de son tombeau pour renaître et vivre éternellement .
    On connaît le nom des deux contremaîtres :
    Néferthotep l'ancien (4) = équipage de droite , on peut imaginer qu'il dirigea l'équipe qui réalisa le bas-relief du Louvre (?)
    Baki et Pached = équipage de gauche . Le beau-fils (?) de Baki est la l'origine d'une descendance de contremaîtres qui occupèrent ce poste jusqu'à la fin de la XXème dynastie !

    Champollion écrivait alors (5) :
    " ... cette belle catacombe dépérit de jour en jour. Les piliers se fendent et se délitent ; les plafonds tombent en éclats, et la peinture s'enlève en écailles. "
    Donc déjà le tombeau présentait de sérieux signes de délabrement . Il fut alors décidé de prélever deux bas-reliefs , que se partageraient les deux missions : Toscane et française .

    Ces bas-reliefs furent extraits de la Tombe en septembre 1829 (6)

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    2-Le Bas relief B7

    Au début le bas-relief fût installé dans la Galerie Henri IV du Louvre . Actuellement , depuis le réaménagement consécutif au Grand Louvre , le bas relief se trouve dans le circuit historique , au premier étage , salle 27 :


    Les conservateurs ont respecté la disposition du bas-relief dans le tombeau , à gauche en entrant .

    Ce bas-relief est représenté dans l'ouvrage de Champollion "Monuments de l'Egypte et de la Nubie Tome III , planche CCLI au centre .

    Sur le bas-relief du Louvre nous pouvons lire dans les pans de la robe une formule forte intéressante , si bien que je vous renvoie à une description .

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    3-L'autre bas-relief de Florence N°2469

    Cet autre bas-relief fût prélevé aussi dans le tombeau , il se trouve , à présent , au Musée de Florence ( n°2469 ) et se situait dans l'antichambre I ( du plan en 3D , ci-dessus ) .

    Nous pouvons lire:
    "Maât , la fille de Rê , la maîtresse qui réside dans la terre du royaume des morts"

    En détail :
    "Maât"
    "la fille de Rê"
    "maîtresse"
    "qui réside dans le royaume des morts"
    .
    MAa.t, sA.t Ra, Hnw.t tp-Hr.t tA n igr.t , à noter une inversion de signes qu'il fut lire Hr(y).t-tp.

    Maât est la déesse plus communément désignée comme déesse de la Justice, de la vérité et de l'ordre cosmique . En fait cette entité est beaucoup plus complexe qu'il n'y parait .
    Elle personnifie surtout l' " Ordre " du monde qui fut établi à la création en opposition à l'isfet , que l'on pourrait traduire par " désordre " . Elle est représentée sous la forme d'une femme ayant une plume sur la tête . Elle était considérée comme la fille de Rê et bénéficiait d'un culte répandu dans toute l'Egypte , il existe , aussi , une forme doublée " les deux Maât " dès la plus haute antiquité .

    Dans son livre (7) Assmann traite 5 aspects :

  • Ordre cosmique
  • la Maât sociale
  • la Survie et l'immortalité
  • La Maât et la course solaire
  • Maât et l'état pharaonique
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    4-Conclusion

    Donc les égyptiens ont inscrit des formules dans des détails aussi infimes ( par exemple les pans de la robe d'Hathor ) que nous pouvons penser que ces formules avaient une certaine importance et un effet sur la survie du Roi dans le monde de l'Au-delà .

    Nous ne pouvons qu'être enchanté par la manière dont les anciens égyptiens approchaient la symbolique . Il n'est pas nécessaire de rechercher des thèses farfelues ( par exemple sur les pyramides ) dans l'ancienne Egypte , il suffit de bien regarder ce qu'ils nous laissé en héritage au niveau des symboles . Personnellemnt je pense que la symbolique est nécessaire à l'homme , c'est aller dans le sens du développement de la pensée donc de l'évolution même de l'être humain .

    Quels magnifiques messages ont-ils laissés !

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    haut de la page .

    Références bibliographiques :

    (1) = Belzoni "Voyages en Egypte et en Nubie" , Pygmalion , page 189
    (2) = Monuments tome III planches CCXXXVII à CCLI .
    (3) = Morris Bierbrier "Les Bâtisseurs de Pharaon, la confrérie de Deir-el-Médineh" ed. du Rocher , Monaco-1986 pages 46-46 .
    (4) = John Romer "Les créateurs d'éternité, chronique du village des artisans de la Vallée des Rois" Philippe Lebaud -Paris 1998. page 35 .
    (5) = Lettres et journaux écrits pendant le voyage d'égypte , lettre du 26 mai 1829 ( page 300 édition 1986)
    (6) = Lacouture p.431 .
    (7) = Jan Assmann " Maât , l'Egypte pharaonique et l'idée de justice sociale" , éditions la Maison de vie 1999 .


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